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Le « Body count », la porte d'entrée de l'extrême-droite.
À la base le terme désigne le nombre de personnes mortes dans une catastrophe, une guerre, un génocide. C'est pas très gai. Mais vous vous en doutez, ce n'est pas de cela que nous allons parler ici. Je vais donc m'attacher à la définition slang du "Body count" qui serait un terme venu avec la génération Z (non pas celle de Zemmour ni celle de Poutine, quoique, vous verrez en me lisant... mais celle née entre 1997 et 2010). Wikipédia anglais nous le définit ainsi : « Un euphémisme pour désigner le nombre de personnes avec lesquelles une personne a eu des relations sexuelles.»
Alors déjà pourquoi la génération Z ? Tout simplement car les rapports hommes-femmes, hommes-hommes ou femmes-femmes ont évolué grâce aux nouvelles technologies. Aujourd'hui, il est plus facile de rencontrer quelqu'un, de nouer des relations, qu'elles soient éphémères ou de longue durée via des applications de rencontres de type Tinder et autres. Ce n'est ni un bien ni un mal. C'est une autre façon d'aborder, de rencontrer, de connaître. Parfois des relations virtuelles se créent via des réseaux sociaux plus classiques car dans tous les cas, derrière le virtuel, il y a surtout des êtres humains qui échangent leurs joies, leurs rires, leurs larmes et leurs solitudes. Et des fois ça matche. Ou pas. Tout comme dans les rencontres de la vraie vie. Mais cette accessibilité des rencontres ne demandant pas un réel effort, c'est-à-dire de s'habiller, de sortir de chez soi, d'aller vers les autres, d'affronter les regards donne l'illusion du nombre. Et qui dit nombre dit chiffrage. De là est né le fameux "Body count". Le chiffrage des relations sexuelles que nous pouvons avoir, une espèce de compétition du sexe. Un peu comme si notre corps gardait en mémoire tous les rapports sexuels d'une vie (spoiler : non ce n'est pas le cas).
Tout cela paraîtra limite de la bonne blague potache, du genre le mec qui tient un carnet avec ses conquêtes (hahaha) ou la fille qui aurait une liste de noms associés à une taille de pénis pour chacun (je ne connais personne qui fait ça au passage). Le problème de l'histoire c'est qu'on a des théoriciens d'extrême-droite qui se sont emparés du concept. Ils ont défini des normes et des limites. Bien entendu, comme par hasard, ces normes et ces limites s'appliquent uniquement aux femmes parce qu'il faut comprendre que le pénis a droit de tremper partout.
Mais cette théorie fumeuse qui dicte la valeur d'une femme aux nombres de ses partenaires est surtout relayée par des jeunes et c'est là que cela devient angoissant. Aucun homme de ma génération ne s'est jamais permis de me poser une telle question et s'il l'avait fait, il aurait volé loin et se serait retrouvé dans l'orbite de la Terre, en remplacement de la Lune. Ça c'est dit. Messieurs, vous savez ce qui vous attend si...